ÉDITO

Je suis Aminatou H Diallo Fondatrice d’O’Fem Magazine, voici mon histoire

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Les débuts à la télévision

J’ai commencé à travailler à 20 ans en 2021, alors même que j’étais étudiante en deuxième année de sociologie à l’université. Disons que j’ai littéralement sacrifié mes études de sociologie pour me lancer dans le monde des médias, parce que j’avais besoin de travailler.

J’ai commencé à la télévision en tant qu’animatrice sur une émission matinale, Télé Matin, d’une durée d’1h30. J’étais l’une des animatrices principales. Au départ, on m’avait promis un contrat après un mois de stage probatoire. Trois mois plus tard, toujours pas de contrat, seulement des remboursements de frais de taxi.

Pour une émission qui commence à 7h30, le chauffeur venait me chercher à 5h30 en même temps que les techniciens qui lançaient les programmes du matin. Je terminais à 9h, prenais un taxi pour rentrer dans ma chambre d’étudiante, puis direction la fac après avoir raté les premières heures de mes cours, souvent les plus importants.

J’ai fait cela pendant un an, quatre fois par semaine.

Même si ma promesse de contrat n’avait jamais été tenue, je voulais continuer. Faire de la télévision était une vraie école de la vie. J’étais passionnée et je ne voulais surtout pas abandonner si tôt, avec la conviction qu’en plus d’apprendre, cela m’ouvrirait des portes. Je croyais profondément à l’effort et au travail bien fait.

Personne autour de moi ne comprenait mon choix, mais moi je savais ce que je voulais.

J’ai continué à m’améliorer et à exceller, moi qui étais une novice sans formation dans ce domaine.

Un an plus tard, mon travail a payé. J’ai été remarquée et une nouvelle chaîne m’a recrutée pour présenter les journaux télévisés. C’est ce que j’avais négocié, parce que j’étais désormais passionnée par le journalisme et je voulais devenir journaliste.

@DouniaTV-2011 @NIGER24-2012 @Bonferey-2013

Entre études, journalisme et épuisement

Les études à la fac devenaient de plus en plus difficiles. J’avais de moins en moins de temps pour suivre les cours, mais je continuais à passer les examens et à assister à certains cours.

J’ai réussi à passer en troisième année de sociologie avec deux examens à reprendre.

Cette année-là en octobre 2012 , parallèlement à mon travail à plein temps à la télévision en tant que présentatrice des journaux de midi et du soir, et aux reportages sur le terrain, j’ai décidé avec le soutien du rédacteur en chef  de m’inscrire dans une école de journalisme tout en poursuivant ma dernière année de licence à l’université.

Autant vous dire que c’était un parcours de combattante : entre l’université, l’école de journalisme et le travail. J’ai dû mettre une pause sur les études à la fac.

Ces années ont été physiquement et mentalement épuisantes. Mais j’étais déterminée. Et d’autres paramètres sociaux sont entrés en jeu…

Après l’obtention de ma licence de journalisme, trois ans plus tard, j’étais au bout de mes forces. Malade, fatiguée, déprimée pour être plus précise. Mais j’étais dans un environnement où je n’avais même pas le temps de réaliser l’impact que toutes ces années avaient eu sur moi.

Fatiguée, oui, mais plus ambitieuse que jamais.

Niger24 2012

@NIGER24 2012

@Bonferey2014

Le pari de Dakar

J’ai démissionné de la Télé, avec un état mental qui ressemblait davantage à une dépression qu’à un simple blues. Mais je devais continuer à chercher d’autres voies pour poursuivre mes études. Et évidemment, la charge financière de mes rêves, je devais l’assumer moi-même.

Dakar était ma destination idéale. Je voulais absolument intégrer une bonne école et acquérir des compétences solides pour mes projets d’avenir.

J’ai pris une tontine, vendu quelques effets personnels, contracté un crédit, et je me suis lancée dans l’aventure avec plein d’espoir.

C’était littéralement suicidaire d’oser partir dans un pays étranger sans les ressources nécessaires.

À Dakar, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Mon tuteur ne voulait plus m’héberger en raison de mes problèmes de santé qu’il ne comprenait pas. Je me suis retrouvée à louer une chambre, ce qui n’était absolument pas prévu.

J’ai galéré. J’ai désespéré. J’ai déprimé. J’ai passé des mois d’insomnies.

Mais il n’était absolument pas question que j’abandonne mon rêve.

Créer, entreprendre et militer

J’ai cherché désespérément du travail. J’en ai trouvé. Et j’ai aussi rencontré une personne incroyable grâce à qui j’ai pu terminer mon Master 2 avec moins de stress que la première année.

Tout au long de mon aventure à Dakar, j’ai continué à développer des projets.

J’ai lancé un média sur l’entrepreneuriat, d’abord sous forme de blog. Puis, à la fin de mon master, j’ai créé un autre média consacré à l’actualité des femmes.

J’ai lancé plusieurs projets :

du e-commerce,
un supermarché en ligne,
une boutique de mode,
 et aussi une agence de communication.

Tout cela en étant maman.

En réalité, je n’ai jamais cessé d’apprendre, d’innover, de créer, tout en investissant énormément d’énergie dans le militantisme féministe.

Le burn-out et la nécessité de ralentir

En 2021, j’ai sombré dans un burn-out et une dépression qui m’ont littéralement terrassée. J’ai suivi un accompagnement professionnel pour me soigner.

Et parallèlement à tout ce que je viens de décrire, je me battais depuis des années contre une maladie chronique.

Suite à cela, j’ai décidé de prendre du recul. D’arrêter l’entrepreneuriat, qui me demandait beaucoup plus d’énergie que je n’en avais.

Il me fallait de la stabilité.
De la sécurité.
Et surtout moins de stress.

Retour au Niger et nouveau départ

J’ai postulé à deux appels d’offres qui ont abouti à des entretiens : un au Maroc et un au Niger. J’ai choisi de rester au Niger, le temps de reprendre un peu d’énergie, d’être proche de mes proches, de ma famille, et de la terre qui m’a vue naître et grandir.

En 2025, après plus de trois ans de salariat dans la Communication, un domaine qui me passionne, j’ai ressenti le besoin de faire une pause et d’acquérir de nouvelles compétences, notamment linguistiques.

Accra : apprendre à se retrouver

Cela fait exactement six mois que je suis à Accra, au Ghana, pour un bain linguistique.

Et depuis quelques mois, j’affronte la solitude.

Je réalise que mon parcours effréné depuis plus de 10ans, a eu des impacts profonds sur mon état physique et psychologique.

Me retrouver seule avec moi-même est une expérience difficile, mais c’est aussi et surtout une nécessité.

J’essaie de réparer ce qui, sur le parcours, a été un peu abîmé.

Pour mieux repartir.

Ce que j’ai compris

Parce que mon chemin ne s’arrête pas.

Au contraire.

Je suis encore loin de mes objectifs.

Mon objectif final est de continuer à  travailler dans la Communication et ou les Medias, ces domaines qui me passionnent tant, pour une organisation qui saura exploiter mes compétences tout en préservant mon bien-être en tant qu’employée.

Parce qu’au final, une chose est devenue évidente pour moi :

Le travail est important.

La santé l’est encore plus.

Et les deux doivent aller de pair.

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Journaliste et Communicante, fondatrice d’O’Fem Magazine, un média féministe engagé dédié à l’information et à la parole des femmes. Je dirige la publication d’O’Fem avec une conviction forte : l’information peut (et doit) être un outil de libération. Passionnée par le web, l’audiovisuel et les formats innovants, je m’intéresse particulièrement aux questions de jeunesse, d’entrepreneuriat féminin et d’égalité des genres. Féministe radicale, je déconstruis les normes patriarcales à travers mes écrits et mes prises de parole. Curieuse et sensible au monde, j’aime la musique, la lecture, la cuisine du monde et les voyages qui ouvrent l’esprit. Suivez-moi sur les réseaux sociaux pour découvrir mon univers, mes combats, et mes réflexions au fil des jours.

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